Mobile Money en Afrique de l’Ouest : une adoption massive, des usages encore en construction

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  • 23 déc. 2025, 01:38 PM

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Le mobile money s’est imposé en Afrique de l’Ouest comme l’un des principaux points d’accès aux services financiers. Pour des millions de personnes, il constitue le premier contact avec un outil de paiement numérique, parfois même le seul. En quelques années, ce système a profondément modifié la manière de recevoir, conserver et transférer de l’argent, en particulier dans des contextes où l’accès bancaire reste limité.

 

En 2024, la région comptait plusieurs centaines de millions de comptes enregistrés, la plaçant parmi les zones les plus dynamiques au monde en matière d’adoption du mobile money. Pourtant, derrière ces chiffres impressionnants, une réalité plus nuancée s’impose : l’usage quotidien reste encore concentré sur des fonctions basiques, et le potentiel du mobile money demeure largement sous-exploité.

 

Une croissance rapide… mais un usage encore limité

 

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L’Afrique de l’Ouest affiche l’une des progressions les plus rapides en matière de création de comptes mobile money. Cette dynamique traduit un besoin clair : disposer d’un moyen simple pour stocker et transférer de l’argent sans passer par les circuits bancaires traditionnels.

 

Cependant, la croissance du nombre de comptes ne se traduit pas mécaniquement par une intensité d’usage. Les données publiées par la GSMA sur le mobile money montrent que, dans plusieurs pays, une part importante des comptes enregistrés reste inactive ou utilisée de manière occasionnelle. Autrement dit, l’accès existe, mais l’intégration du mobile money dans les usages financiers du quotidien reste incomplète. Le véritable enjeu se situe donc dans le passage de l’enregistrement à l’usage régulier.

 

Pourquoi le mobile money reste souvent associé au cash

 

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En Afrique de l’Ouest, le mobile money demeure largement perçu comme une passerelle vers l’argent liquide. Une part significative des transactions consiste à déposer ou retirer du cash, parfois immédiatement après la réception des fonds. Cette pratique reflète à la fois des habitudes ancrées et une confiance encore limitée dans les paiements numériques pour certains usages.

 

Ce comportement s’explique aussi par la structure des économies locales et par un réseau de paiements marchands encore inégalement développé. Tant que le cash reste omniprésent dans les échanges, le mobile money est utilisé comme un outil intermédiaire plutôt que comme un véritable moyen de paiement à part entière.

 

Du simple transfert à des usages plus avancés

 

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Malgré ces limites, les pratiques évoluent progressivement. Le mobile money n’est plus uniquement un outil de transfert entre particuliers. Il commence à s’imposer pour le paiement de factures, le règlement de services, le soutien d’activités commerciales et les envois d’argent au-delà des frontières nationales.

 

Pour les entrepreneurs, les freelances, les travailleurs mobiles ou les membres de la diaspora, ces usages ouvrent des perspectives nouvelles. Le téléphone devient un point central de gestion financière, capable de relier plusieurs sources de revenus et plusieurs zones géographiques. Cette évolution reste progressive, mais elle marque un tournant : le mobile money s’éloigne du simple rôle de substitut au cash.

 

Un levier essentiel d’inclusion financière et économique

 

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Le mobile money joue un rôle déterminant dans l’inclusion financière en Afrique de l’Ouest. Il permet à des populations longtemps exclues du système bancaire d’accéder à des services essentiels : recevoir des paiements, sécuriser des fonds, gérer des flux financiers et soutenir une activité économique.

 

Dans plusieurs pays de la région, ces services ont contribué à dynamiser le secteur informel et à renforcer la résilience économique des ménages. Le mobile money ne transforme pas uniquement la finance, il modifie les rapports à l’argent, au travail et à l’épargne, en introduisant des outils jusque-là inaccessibles à grande échelle.

 

Les freins qui ralentissent encore l’adoption quotidienne

 

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Malgré les avancées observées, des obstacles structurels persistent. La fracture numérique demeure une réalité, notamment pour les femmes et les populations rurales. L’accès au téléphone, à la connectivité et à l’éducation financière conditionne fortement l’adoption durable des services.

 

La question de la sécurité constitue également un frein important. À mesure que les usages se développent, les risques de fraude, d’erreurs de manipulation ou d’escroqueries augmentent. Ces craintes, qu’elles soient fondées ou perçues, encouragent encore de nombreux utilisateurs à privilégier le cash plutôt que des usages numériques plus avancés.

 

Vers un mobile money plus fluide et interopérable

 

L’avenir du mobile money en Afrique de l’Ouest repose moins sur la création de nouveaux comptes que sur la qualité des usages. L’interopérabilité entre réseaux, la simplicité des parcours et la sécurisation des transactions seront déterminantes pour franchir un nouveau cap.

 

Dans cette logique, des solutions comme Monniz s’inscrivent comme des outils facilitant la circulation de l’argent entre différents services et différents pays. Pour un entrepreneur, un freelance ou un membre de la diaspora qui jongle entre plusieurs portefeuilles mobile money et plusieurs zones géographiques, cette capacité à faire circuler les fonds sans rupture devient un enjeu quotidien. La fluidité des transferts contribue alors à transformer le mobile money en un véritable écosystème financier.

 

Ce que révèle réellement le mobile money aujourd’hui

 

Le mobile money en Afrique de l’Ouest n’est ni une révolution achevée ni un simple phénomène d’adoption superficielle. Il s’agit d’un système en construction, largement diffusé mais encore partiellement exploité. Sa force réside dans son accessibilité ; son principal défi tient à la profondeur et à la régularité des usages.

 

Les prochaines années seront décisives. L’enjeu ne sera plus seulement d’attirer de nouveaux utilisateurs, mais d’accompagner ceux qui existent déjà vers des pratiques plus sécurisées, plus fréquentes et mieux intégrées à leur réalité économique.

 

Conclusion

 

Le mobile money a profondément modifié l’accès aux services financiers en Afrique de l’Ouest, sans pour autant avoir atteint tout son potentiel. Il constitue aujourd’hui une infrastructure essentielle, appelée à évoluer vers des usages plus complexes et plus structurants. Cette évolution passera par l’éducation financière, la confiance, l’interopérabilité et la capacité à répondre aux besoins concrets des utilisateurs. À ce titre, le mobile money n’est pas une fin en soi, mais un socle sur lequel peut se construire une finance plus inclusive et mieux adaptée aux réalités locales.